La construction du mur de Berlin
Les autorités est-allemandes n’avaient plus aucun contrôle sur les flux d’émigration vers la RFA. Jusqu’en 1961 nombre de travailleurs berlinois habitaient dans la partie est et travaillaient dans la partie ouest. Il suffisait alors de prendre le bus ou le métro pour passer d’une zone à l’autre. Face à l’importance de l’émigration il fut décidé de renforcer considérablement la police des frontières. De plus John F. Kennedy avait tenté de défier Nikita Krouchtchev sur la question de Berlin lors d’une rencontre en juin 1961. Le dirigeant soviétique reposa les conditions de l’ultimatum de novembre 1958 visant au départ des occidentaux de Berlin-ouest. Le président américain menaça alors les soviétiques de faire usage des armes nucléaires s’ils maintenaient leurs ambitions sur la partie ouest de la ville. Walter Ulbricht, dirigeant de la RDA, décida alors de construire ce qui allait officiellement être dénommé le « mur de protection antifasciste ». La construction fut réalisée dans la nuit du 12 au 13 août 1961 séparant des familles entières entre les deux zones et marquant la division imposée du peuple allemand par les impérialismes rivaux.
La RDA et le bloc soviétique face à la crise des années 1970
Le système économique du bloc soviétique était un capitalisme d’Etat monopolistique, le plus poussé que l’on ai connu jusque là. L’Europe de l’est avait un retard chronique face l’Europe occidentale. La Russie, ayant quasiment perdu son développement industriel balbutiant et l’essentiel de sa classe ouvrière suite à la guerre civile (1917-1921), a lancé sa nouvelle révolution industrielle en 1929 avec le grand tournant initié par Staline. Les Etats ayant été intégrés au bloc soviétique après la seconde guerre mondiale étaient pour la plupart d’anciennes possessions des puissances impériales d’avant la première guerre mondiale. Leurs économies étaient donc majoritairement agraires. La RDA quand a elle a payé le prix fort pour la reconstruction de l’URSS ravagée par la guerre. Cela a considérablement ralenti son redémarrage économique et sa propre reconstruction. Face à la course aux armements le bloc soviétique a opté pour une économie permanente d’armement.
Les années 1970 furent une décennie charnière pour l'Europe de l’est. Avant 1973, les marchés mondiaux en pleine expansion et les taux d'intérêts toujours bas ont encouragé une explosion du crédit bancaire à la fois en Europe de l'Est et dans le Tiers Monde. Les États et les entreprises avaient de grandes facilités à emprunter. Erich Honecker, successeur de Walter Ulbricht à la tête de la RDA déclara même que «Dans le monde d'aujourd'hui, seuls les imbéciles refusent l’usage des prêts», mais son empressement ne fut pas de longue durée.
La concentration du bloc soviétique sur l’industrie lourde, due à la fois à la course aux armements et au retard économique originel de ces Etats depuis leur formation, n’a pas permis de stimuler l’innovation technologique des autres secteurs. Le retard chronique de l’industrie légère soviétique a donc contribué à la limitation du développement de l’industrie du bloc de l’est dans sa globalité. Cela car l’industrie lourde n’a pas pu bénéficier d’éventuels apports de l’industrie légère.
Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont permis dans un premier temps à l’URSS de vendre à un prix plus élevé ses barils de pétrole lui permettant d’acheter des devises étrangères et d’importer notamment des céréales. Une intégration plus étroite avec l'économie de l'Ouest n'était donc pas un pari irrationnel. Cependant étant donnée la mauvaise situation économique de l’Europe de l’est rendaient les chances de succès incertaines. En fait cette intégration a aggravé la vulnérabilité de l'économie du bloc soviétique aux fluctuations des taux d’intérêt et de la demande mondiale. Ce processus a généré un effet d’entraînement entre les crises de l’Ouest et de l’Est. L’endettement net de la RDA auprès de l’OCDE a augmenté de plus de 29% par ans dans la dernière moitié des années 70.
L’URSS avait plus ou moins réussi à développer une croissance extensive de ses ressources pétrolifères des années 30 au début des années 80. Cependant le manque d’innovation technologique générée par un système quasi-exclusivement centrée sur une économie permanente d’armement n’a pas permis une croissance intensive lorsque les ressources exploitées ont commencées à se raréfier.
Dans les années 80 la RDA et les économies du bloc de l’Est se sont engagées de plus en plus étroitement avec l’Ouest. Dans le milieu de la décennie, les deux cinquièmes des importations de l’Allemagne de l’est provenaient de l’Ouest tandis qu’elle y envoyait la moitié de ses exportations. La réorientation économique vers l’ouest a posé des difficultés aux dirigeants est-allemands. Le débat se posait entre une politique d’austérité plus autarcique ou une augmentation de la dette envers les créanciers occidentaux et une plus grande intégration économique. Aucune de ces deux réponses n’offrant de véritables solutions à la crise les divisions au sein de la classe dirigeante est-allemande se creusèrent contribuant à la paralysie du système.






