1949-1989 : La RDA dans le siècle, du capitalisme d’Etat au capitalisme libéral - Le renversement d’un dictateur

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Index de l'article
1949-1989 : La RDA dans le siècle, du capitalisme d’Etat au capitalisme libéral
La grève générale de 1953
La construction du mur de Berlin
Un mur qui se fissure
Le renversement d’un dictateur
La chute du mur de Berlin
Contre les privilégiés !
La réunification allemande et le passage au néolibéralisme
Conclusion et notes
Toutes les pages

 

Le renversement d’un dictateur


Début octobre Honecker a tenté de resserrer la vis en supprimant les visas touristiques de sortie vers la Tchécoslovaquie. Il a aussi ordonné à la Stasi de briser la contestation. La protestation pris différentes formes illégales : distributions de tracts, manifestations et émeutes. Dresde connu sa plus importante émeute depuis 1953. En septembre et octobre les rapports de la Stasi démontrent l’acuité avec laquelle des changements économiques et politiques sont revendiqués dans les lieux de travail. Plusieurs grèves spontanées ont éclatées et durant la première semaine d’octobre les chauffeurs de bus et les infirmiers ont lancé le mouvement. A proximité de la Tchécoslovaquie, 600 mineurs de la ville d’Altenberg se sont mis en grève pour exiger la réouverture de la frontière. Les dirigeants étaient conscients qu’une répression militaire des manifestations de masse à Dresde, Plauen ou Leipzig risquait d’étendre les mouvements de grève s’ils ne promulguaient pas l’état d’urgence. A Dresde le 7 octobre et à Plauen le 8 les manifestations obligèrent les autorités municipales à négocier sur les changements politiques. Plusieurs arrestations eurent lieu et la répression semblait aller en s’augmentant. Mais le 9 octobre a marqué le tournant du mouvement. A Leipzig la répression militaire était programmé par les instructions du ministre de l’intérieur, qui avait déjà participé à l’écrasement de l’insurrection de 1953, et des dizaines de milliers de soldats, membres des forces de sécurité et de la Stasi ont été dépêchés sur place. La plus grande manifestation de l’histoire de la RDA eu lieu et une face à face tendu avec les forces de sécurité s’établit. Mais face au nombre de manifestant les forces de sécurité tirèrent en l’air. Le chef de la Stasi Eric Mielke reprocha à Honecker le fait de croire au fait de « battre des centaines de milliers de personnes ».


Le mouvement montra donc qu’il ne reculerait pas. Les dirigeants du régime ont montré l’épuisement de leur stratégie répressive, se trouvant dans un état de siège. Des flottements et des menaces de grève au sein même des forces de sécurité ont été rapportés par la Stasi. Avec l’approbation tacite de Gorbatchev les membres du Bureau Politique du SED ont finalement organisé l’éviction de Honecker. Mais cela ne fut que pour le remplacer par Egon Krenz qui était déjà considéré comme son « dauphin ». Cependant cela brisait l’inflexible continuité du pouvoir auparavant détenu 18 ans durant par Honecker. L'espoir des dirigeants est-allemands était que le remplacement de Honecker plus un léger adoucissement de la rhétorique et quelques réformes suffiraient à convaincre le public que le changement était en cours et ainsi apaiser le mouvement de protestation. En fait le résultat fut à l’opposé, les manifestants augmentèrent en nombre pensant que désormais tout était possible.


Un des aspects les plus mémorables de l’automne 1989 fut l’irruption de la société civile. Chaque jour deux à trois demandes d'enregistrement de nouvelles associations parvenaient au ministère de l'Intérieur. On vit l’apparition ouverte de groupes politiques, libéraux, conservateurs, trotskystes, anarchistes et bien d’autres. Des comités furent formés pour ouvrir des enquêtes sur les violences policières. La censure a commencé a être levée et les ouvrages et films auparavant interdit furent disponibles.



 

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