Éditorial
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Tout le monde, de droite comme de gauche, à l'Elysée comme au bistro, le dit : cette crise financière, c'est terrible, pire même qu'en 1929. C'est vrai que le capitalisme se porte quand même très mal : les entreprises du CAC 40 vont réaliser un bénéfice net total de 99 milliards d'euros¹, soit 12,09% de mieux que l'an dernier².
Pas étonnant de voir fleurir, même en hiver, les propositions les plus avant-gardistes pour soigner le capitalisme malade. Retraite à 70 ans, travail le dimanche, privatisation tous azimuts, et coupes franches dans les budgets sociaux, merci Super Sarkozy, sauveur du CAC 40 et de l'identité nationale.
Le capitalisme, c'est la misère
La crise est bien là : dans le monde, "le nombre de chômeurs pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions fin 2009"³. Le nombre de "travailleurs pauvres" qui vivent avec moins d’un dollar par jour devrait croître de 40 millions tandis que celui des personnes gagnant moins de deux dollars pourrait augmenter de 100 millions d'ici 2009.
60% des Français craignent qu’eux-mêmes ou leurs proches se retrouvent SDF⁴. Comme quoi, on envisage différemment la misère quand on est déjà pauvre.
La pauvreté et la colère
La crise est sociale et la misère se répand dans les rues. Les manifestations et les grèves se multiplient partout dans le monde contre les fermetures d'entreprises et les gouvernements jugés responsables de la crise. Les grèves en Italie sont caractéristiques de cette résistance des travailleurs et des étudiants contre le libéralisme : les facs sont occupées et des millions de personnes manifestent contre le Berlusconi.
En France, le gouvernement a déjà déclaré qu'il reculait la date de la négociation sur le statut de La Poste, compte tenu de l'ampleur de la crise. Une mobilisation forte le 22 novembre pourrait aboutir sur un recul des libéraux, sur une première victoire qui donnerait confiance.
Les grèves se multiplient : les pilotes, les cheminots, les urgentistes, les postiers et l'éducation feront grève dans les prochains jours. Les directions syndicales ont bien senti que le vent tournait. Mais les journées de mobilisations se succèdent sans jamais se rencontrer.
Construire une riposte globale
Des grèves isolées ne peuvent arrêter les gouvernements, nous avons besoin d'agir tous ensemble pour mettre fin aux attaques du gouvernement et du MEDEF, et pour redonner confiance aux travailleurs dans leur capacité à changer les choses. L'appel à faire grève et à manifester, par l'ensemble des confédérations syndicales, le 9 janvier peut devenir le jour de la convergence de tous les secteurs contre la crise et contre Sarkozy. Tout est possible...
| 1. Price waterhouse Coopers 2. Le Monde du 15 novembre 2008. 3. Juan Somavia, directeur général du BIT, 20 octobre 2008. 4. TNS Sofres, publiée le 7 octobre 2008. |
















