AntiCapitaliste n°7

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Éditorial
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AntiK n°7 - Une

Sarkozy et ses copains commencent à peine à entrevoir que la crise aura des effets très durs sur leurs côtes de popularité, déjà au plus bas, que les travailleurs subissent de plein fouet les licenciements massifs (90 000 chômeurs de plus en janvier), les heures de chômage partiel (1 600 000 en janvier et février). Les patrons sont bien déterminés à nous faire payer leur crise, et à en tirer des profits en prime.

Mais de plus en plus de salariés sont prêts à passer à l'offensive : la réussite, historique, du 29 janvier, la victoire majeure de la grève en Guadeloupe, qui donne des idées à des milliers d'autres, en Martinique, à la Réunion, à Toyota Valenciennes, d'exiger, enfin, la hausse générale des salaires que le MEDEF et Sarkozy s'accordent depuis si longtemps à déclarer utopique.

Les reculs successifs du gouvernement, sur la réforme du bac, sur le statut des enseignants-chercheurs, s'ils sont évidement uniquement faits pour nous démobiliser, ont donné confiance aux travailleurs en leur capacité à obtenir des victoires. Le gouvernement est divisé face à nos grèves, son idéologie libérale est malmenée, le tout dans un contexte de crise et de multiplication des luttes sociales, en France et partout en Europe.

La mobilisation exemplaire dans l'éducation le 5 mars, les manifestations des 10 et 11 mars dans le primaire et le secondaire, la grève interprofessionnelle du 19 mars sont autant de raisons de se réjouir qu'enfin nos syndicats appellent à la mobilisation générale. Mais une seule journée de mobilisation dans plusieurs semaines ne suffira pas, pour l'emploi, les salaires et le service public.

Le 19 mars doit être le début d'une lutte prolongée, d'une lutte décisive contre ce gouvernement et pour un changement radical de société. Les dirigeants de nos syndicats semblent avoir plus peur que nous nous engagions dans une lutte décisive contre le gouvernement, que nos grèves deviennent générales et reconductibles, qu'ils n'ont eu peur pendant des années de signer des accords entérinant des graves reculs sociaux, comme la Loi de modernisation du marché du travail, la casse des régimes spéciaux.

La crise, nos grèves, la faiblesse du gouvernement, élèvent les enjeux. Face à un gouvernement qui rogne sur tous les acquis des luttes passées (retraite, sécu, éducation, droit de grève), nos acquis seront toujours en sursis, à la moindre démobilisation ils reviendront dessus, encore et encore. C'est la logique même du capitalisme, de la concurrence et du profit maximum, qui les pousse à nous faire travailler toujours plus, pour des salaires toujours plus faibles, dans des conditions de plus en plus dégradées.

Le 19 mars, et après, poussons l'avantage, finissons-en avec ce gouvernement. C'est à nous de nous organiser pour décider de nos grèves, dans les assemblées générales, en coordonnant les secteurs en lutte. A nous de construire une direction alternative aux directions syndicales, d'organiser les militants les plus décidés à en finir avec le capitalisme.

Prenons le parti de la révolution !
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