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Le premier mai 2009 est historique de plusieurs points de vue. C’est près de 1,2 millions de travailleurs qui ont manifesté à travers le pays.Jamais il n’y a eu autant de monde dans la rue pour la journée internationale des travailleurs, à l’exception notable de 2002 avec la mobilisation contre Le Pen et le fascisme. Pour la première fois l’ensemble des organisations syndicales nationales de France ont été unies pour organiser cet évènement. Les enseignants-chercheurs sont toujours en lutte depuis plus de trois mois, du jamais vu depuis une quarantaine d’années...
Cependant les directions syndicales se cantonnent à des journées d’actions, des « temps forts » espacés de plusieurs mois ne permettant aucune perspective de victoire. Cela afin de garder le contrôle sur un mouvement au potentiel explosif tant l’impopularité de Sarkozy et son équipe est grande. Les bureaucraties syndicales craignent d’être dépassées et freinent donc des quatre fers.
La droite ne s’est d’ailleurs pas trompée sur leur rôle en interrogeant dans les colonnes des Echos des dirigeants syndicaux qui confirment leur fonction de temporisation des mouvements ou en écrivant dans le Figaro sur la présence de militants de la gauche radicale dans les syndicats, qui relèverait de l’infiltration, et en félicitant la direction de la CGT qui affirme effectuer une surveillance de ceux-ci.La gauche anticapitaliste a bien un rôle à jouer pour dépasser les directions syndicales et impulser un mouvement de très grande ampleur face aux capitalistes qui veulent nous faire payer leur crise. Les plans sociaux se multiplient et ce n’est que le début d’après les prévisions de l’INSEE. Emblématiques de cette injustice sont les ouvriers de Caterpillar, Continental, Molex et bien d’autres auxquels on arrache leur gagne pain. Refusant de payer une crise dont-ils ne sont pas responsables, ces travailleurs qui se battent pour leur survie ont renoué avec les méthodes de la lutte de classe ; ces «séquestrations» de patrons qui commencent à effrayer dans les rangs de la droite et des capitalistes.
Sarkozy et son gouvernement ne cessent de clamer qu’ils souhaitent sauver les emplois menacés mais il est aisé de constater l’énormité du mensonge à la vue du bouclier fiscal maintenu, les 360 milliards € pour les banquiers sortis de caisses soi-disant vides et la répression policière contre ceux qui se battent pour conserver leur travail.
S’il avait une réelle volonté de sauver les emplois le gouvernement nationaliserait les entreprises qui licencient. Ainsi on pourrait maintenir les emplois. Il est plus que nécessaire d’avancer à gauche sur ce thème. Il est donc absolument déplorable que la gauche anticapitaliste parte divisée aux élections européennes car cela rend difficile les campagnes communes avant cette échéance. Cependant il est possible de commencer à se mobiliser par en bas pour des nationalisations, pour sauver les emplois. Il est inacceptable que des entreprises qui licencient fassent toujours des bénéfices et/ou bénéficient d’aides de l’Etat. Pour cela exigeons leur nationalisation sans rachat ni indemnités, ce ne serait que justice !















