La grève générale de 1953
En 1953, huit ans après la reconstruction, le sentiment d’appartenance à un Etat des ouvriers et paysans se faisait très peu ressentir. Cela n’a pas de quoi étonner puisque le gouvernement a pris la décision d’augmenter les cadences de travail sans contrepartie. Ce fut le déclencheur de la première grande grève générale d’après guerre. Des centaines de milliers de travailleurs sont descendus dans les rues, encouragés par la grève spontanée des ouvriers du chantier de construction de l’avenue Staline à Berlin-est. Plus d’un millier d’entreprises et de coopératives se sont mis en grève et un nombre conséquent d’entre elles ont eu des comités de grève élus par les ouvriers. Les revendications du mouvement sont rapidement devenus politiques: démission des dirigeants du SED, élections libres, libération des prisonniers politiques et réunification du pays. Le 17 juillet 1953 marque l’apogée du mouvement. Les sièges locaux du SED subirent des attaques des travailleurs. A Görlitz, dans le district de Dresde, ce fut une véritable insurrection puisque le maire et le conseil municipal furent démis de leur fonction par 30 000 travailleurs qui ont ensuite constitués une milice. Dans ce mouvement les travailleurs insurgés ont symbolisé le fait que l’on ne passe pas au socialisme par des mesures administratives mais bien par la démocratisation de l’économie et de la production.
Les autorités ont réagit avec une grande violence face au potentiel révolutionnaire de ce mouvement. Les SED s’est appuyé sur les chars soviétiques pour chasser les foules des rues et imposer la reprise du travail. Dans les semaines qui suivirent les 17 juin, la Stasi (police secrète) procéda à plus de 10 000 arrestations et on dénombra 55 morts. L’insurrection écrasée, le mécontentement était toujours bien présent. Cela poussa des dizaines de milliers de personnes à s’exiler en RFA.






