Crise, chômage, bas salaires : la solution du gouvernement ? L’Identité Nationale !

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Cela ressemble à une mauvaise blague, mais Sarkozy est très sérieux. A l’heure de la privatisation de la Poste, alors que des milliers de cartes-pétitions remplissent sa boîte aux lettres de demandes populaires d’un débat sur ce changement de statut et la notion de service publique, Sarkozy organise un débat sur l’Identité Nationale. La casse de la Sécu, du service publique ? La faute aux immigrés ! On ne peut pas "vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l'on peut faire pour son pays, vouloir bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail, vouloir profiter de la gratuité des études et ne pas être assidu aux cours, ne pas témoigner de la considération pour ses professeurs, ne pas respecter les bâtiments qui vous accueillent". (le Monde, 12/11/09) Que les grévistes des hôpitaux et de l’Education Nationale, dont les luttes ont été méprisées par le gouvernement l’année dernière, se le tiennent pour dit. Si les profs ne sont pas satisfaits de faire cours à plus de 30 élèves par classe, ce n’est pas à cause des suppressions de postes (encore 16 000 cette année), mais parce que les élèves les moins blancs sont irrespectueux. Les chiffres du chômage qui explosent ? C’est parce que les parents de ces élèves irrespectueux profitent des allocations sans chercher de travail.

 

Cette fusion alarmante de la droite au pouvoir avec l’idéologie raciste d’extrême-droite est en marche depuis longtemps. On a pu être choqué, à juste titre, du choix fait cet été par l’UMP d’intégrer Philippe De Villiers dans le comité de liaison de la majorité présidentielle. Le symbole était clair, les conséquences politiques évidentes … « Je peux faire entendre ma voix de façon beaucoup plus efficace » déclarait De Villiers (Le Figaro 02/10/09). En effet : pour les élections régionales dans les pays de la Loire, il œuvre pour une liste commune MPF et UMP … On peut être choqué, mais pas étonné, de voir ceux qui se revendiquent de l’extrême-droite entrer dans un tel gouvernement. Un gouvernement qui traque, enferme et expulse les sans-papiers, créé un ministère pour s’occuper de ces tâches, nomme un raciste notoire à la tête de ce ministère. L’actuel ministre de l’Intérieur, auparavant ministre de l’Identité Nationale, s’évertue à nier les rumeurs concernant son appartenance passée au FN ou au GUD. Il nie également le caractère raciste de ses propos actuels. Il faisait pourtant fureur à l’université d’été de l’UMP avec ses petites blagues à propos des arabes « il en faut toujours un … c’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes ! ». Hortefeux n’en était pas à sa première plaisanterie douteuse : en janvier 2009, prenant ses fonctions de ministre des Affaires Sociales, il se présentait comme le « compatriote » de Fadela Amara. « Comme ce n’est pas évident, je le précise » ajoutait-il … Propos racistes, politique raciste : Hortefeux se glorifiait en 2008 d’avoir augmenté de 80 % les reconduites à la frontière sur les cinq premiers mois, par rapport à 2007. Son successeur au Ministère de l’Identité Nationale, Eric Besson, a fait passer les cotas d’expulsions de sans-papiers de 25 000 à 28 000 dès sa prise de fonction. Et devinez qui a proposé ce projet de débat sur l’Identité Nationale, immédiatement approuvé par Sarkozy ? Quand on aime son ministère, on le sert jusqu’au bout !


Alors que la crise économique et sociale fait monter les colères, le gouvernement fait son possible pour les détourner sur la population immigrée. Le démantèlement le 22 septembre de « la jungle » de Calais, qui abritait des afghans, dont plusieurs ont été renvoyés par Charter au cœur de la guerre, l’expulsion des sans-papiers de la rue du Temple le 23 septembre, sont autant de drames humains qui servent spectaculairement la propagande sécuritaire et nationaliste du gouvernement. Cette politique est d’autant plus dangereuse qu’elle ne rencontre guère de contestations de la part du supposé parti d’opposition, le PS. Dans son choix d’accompagner le capitalisme au lieu de le combattre, la gauche modérée accompagne logiquement la division idéologique des travailleurs et de l’ensemble de la population, et accepte le racisme et le colonialisme. Georges Frêches, ancien du PS, président de la région Languedoc-Rousillon, déclarait à propos de l’Université d’été de l’UMP (Nouvel Obs , 19/09/2009) : « C’est ridicule. J’ai entendu ses propos et je n’y trouve rien d’extraordinaire. Hortefeux n’est pas raciste ! ». Courageuse prise de position, de la part d’un « homme de gauche » dont l’idéologie n’est pas moins sulfureuse que celle d’Hortefeux, ce dont peut témoigner la population de Montpellier. Frêche y concurrence Hortefaf depuis longtemps : blagues racistes, gestion islamophobe et néo-colonialiste de la vie publique… en 1997, répondant aux demandes des habitants du Petit-Bard (quartier dit « immigré » de Montpellier), il leur a trouvé pour faire une mosquée … une ancienne usine de salaison du cochon ! Provocations, insultes, Frêche atteint son point culminant en 2006, en insultant la communauté harkie, lasse de se soumettre à celui qui se disait leur protecteur :


« Allez avec les gaullistes ! Ils ont massacré les vôtres en Algérie ! Vous êtes des sous-hommes ! Vous êtes sans honneur. » (cf Libération du 13 février 2006). Pied-noir nostalgique de l’Algérie française, Georges Frêche a toute sa place chez ceux qui dirigent la France. On peut en dire autant de Bernard Kouchner, qui en 2002 commentait le « multi-racialisme » de l’équipe de France : « On cherche les blancs au milieu de tous ces … M’enfin, bon », et d’Emmanuel Valls, qui aux brocantes d’Evry déplore l’absence de « blancs, de whites, de blancos… ». Autant de « dérapages » scandaleux qui révèlent une confusion politique dangereuse.


Cette confusion politique, où l’on a recours à un nationalisme nauséabond à défaut d’alternative au système, laisse le gouvernement agir sans opposition.


Et quand Sarkozy déclare pour justifier ce débat nauséabond : "la France est un pays de tolérance et de respect, mais elle demande aussi qu'on la respecte, il n'y a pas de place pour la burqa en France", il est regrettable qu’il trouve des éléments de gauche radicale pour soutenir ses propos (André Gerin, député PCF, est le président de la commission d’enquête sur le port de la burqa en France).


La gauche radicale, dans son refus de ce système d’exploitation et de division, doit combattre d’urgence et sans compromis ce racisme d’Etat sous toutes ses formes (antisémitisme, islamophobie, etc).

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