Crise du capitalisme - Grandes crises, petites idées et grands intellectuels ?!

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Index de l'article
Crise du capitalisme
Selon Marx
Dépréciations d'actifs liées à la crise des subprimes à la fin du 1er trimestre 2008, en milliard de dollars
La baisse tendancielle du taux de profit
La tendance impériale de la crise monopoliste
Grandes crises, petites idées et grands intellectuels ?!
La crise démontre la nécessité d'une révolution socialiste
Notes
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Grandes crises, petites idées et grands intellectuels ?!

Face à l'effondrement du capitalisme, les penseurs à gauche s'activent pour expliquer, analyser et proposer des solutions à la crise économique. Voyons tour à tour les propositions des organisation réformistes.

Lors du deuxième «Forum de la rénovation» du Parti Socialiste.

« Le premier secrétaire François Hollande s’est voulu clair : les socialistes «reconnaissent l’économie de marché», forme «la plus efficace» de création de richesses, ce qui ne les empêche pas d’être «critiques à l’égard du capitalisme».

«Nous combattons le libéralisme», a-t-il réaffirmé [...]. Selon lui, «les socialistes ont toujours agi en économie de marché» et «ils l’ont plutôt bien gérée» quand ils étaient au pouvoir. Le premier secrétaire a d’autre part estimé que la priorité devait être donnée, dans la stratégie de croissance, à «redresser la compétitivité des entreprises», ce qui ne signifie «pas l’abandon de la politique de la demande».13

Le 31 juillet, reprochant à Nicolas Sarkozy de rester « bras ballant » face à la crise, François Hollande préconisait « un plan de relance en France, comme c'est le cas aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Espagne. »14 Sur RMC, le 17/12/2007, il déclarait au sujet de « l'économie de marché » : « nous avons gouverné la France, plutôt bien d’ailleurs, plus de croissance qu’aujourd’hui, nous avions aussi élargi même la sphère du marché sur certains points notamment tout ce qui était la banque, la finance. Ce n’est donc pas une surprise de la part des socialistes. Où vous avez raison, c’est que nous l’avions fait mais nous ne l’avions pas dit et maintenant nous le disons : L’économie de marché doit être reconnue pour ce qu’elle est, une source de création de richesses mais aussi le capitalisme produit des inégalités et c’est à nous de faire en sorte que par une régulation, par une intervention de l’Etat, nous puissions corriger les excès du capitalisme. »

Le PS propose un plan de relance calqué sur les États-Unis.

« R.H. Tawney, un réformiste britannique, a dit, dans un de ses moments de radicalisme, « on peut éplucher un oignon couche par couche, mais on ne peut pas dépecer un tigre griffe par griffe ». Lorsqu'ils parlent de « mondialisation », les réformistes d'aujourd'hui ne font que reconnaître que le système est un tigre et non un paisible légume attendant l'épluchage parlementaire comme le suggéraient leurs prédécesseurs il y a 40 ans. Pourtant, bien qu'ils le considèrent comme un tigre, la conclusion des réformistes aujourd'hui est de laisser courir le fauve en liberté. Ce n'est pas une conclusion raisonnable pour ceux qui ne veulent pas être dévorés vivants. »15 Le Parti Socialiste tente de faire croire aux travailleurs qu'ils n'y sont pour rien dans les attaques libérales. Pour ne pas se couper de son électorat, le Parti Socialiste surfe sur la vague de mécontentement contre Sarkozy mais ne propose rien de fondamentalement plus à gauche.

Selon le rapport de la Commission Économie-Sociale-Finance du PCF de 2005, « La France et l’Europe doivent contribuer à une transformation des rapports monétaires et financiers internationaux. » [...] « A cet effet, on recourrait à des aides publiques européennes conditionnant des crédits qui favoriseraient l’essor des productions nationales [...] impliquant une profonde réorientation de la BCE et une autre utilisation de l’euro.

Mais cela viserait aussi une autre utilisation des réserves des banques centrales des pays européens et émergents, faisant reculer le rôle du dollar et le drainage des capitaux pour les bons du Trésor des États-Unis. Cela permettrait de commencer à rendre l’évolution du taux de change de l’euro plus indépendante des mouvements de marché du dollar et des décisions de la Réserve fédérale des États-Unis.

Simultanément, il s’agirait de construire une coopération monétaire nouvelle et un autre système mondial avec un Fonds monétaire international (FMI) émancipé de la domination du dollar. On viserait ainsi à promouvoir une monnaie commune mondiale de coopération. » Une monnaie commune mais centrée autour de l'euro, et contre le dollar. Et qu'en pensent les travailleurs de Général Motors ou de Boeing ?

Denis Durand, « Il s’agirait d’abord de réprimer l’inflation financière en stimulant, du même mouvement, une relance de l’activité fondée sur la sécurisation de l’emploi et de la formation à l’échelle du monde entier, et sur un développement tout à fait nouveau des services publics. Il s’agirait donc, depuis les entreprises et les régions jusqu’à l’échelle du monde, en passant par les niveaux national et européen, de conquérir de nouveaux pouvoirs démocratiques afin de maîtriser les moyens (financiers, juridiques, politiques…) d’atteindre des objectifs sociaux répondant aux exigences du développement de tous les êtres humains, telles qu’elles se manifestent au stade actuel de développement de la civilisation. »16

A travers une dépêche de l'AFP, du Mardi 19 août, on pouvait découvrir les propositions du PCF au sujet de la crise économique : « Pour éviter "une récession", le parti de Marie-George Buffet préconise "deux mesures urgentes: une réforme de la fiscalité qui, à l'opposé du paquet fiscal, permette une redistribution de l'argent, et l'augmentation des salaires comme priorité économique absolue" ».

Le programme économique du PCF, c'est d'abord le protectionnisme européen et taxer les riches pour favoriser la production nationale en développant des services publics forts. En réalité, le protectionnisme est un des traits de la crise actuelle et il ne s'agit pas du tout d'une idée de gauche. « Dans un contexte de doute quant aux vertus de la libéralisation financière et de méfiance vis-à-vis des capitaux des pays émergents, va-t-on assister à la montée d'un protectionnisme financier qui pourrait remettre en cause la mondialisation des mouvements de capitaux ? Le fait même que ce scénario soit désormais évoqué est un signe que l'expansion planétaire de la finance n'apparaît plus comme une priorité politique absolue. »

« Aux Etats-Unis, en Allemagne, en France, et même à la Commission européenne, on entend de plus en plus le bruit du protectionnisme financier, en particulier à l’encontre des fonds d’investissement d’Etat des pays émergents, Chine en tête. Au-delà, la part des changements de réglementation nationale instaurant plus de protectionnisme envers les investisseurs étrangers progresse vite : elle est passée de 4,9% en 2002 à 20,1% en 2006. Le spectre de guerres financières, [...] se profile. ». La gauche se charge de colporter les idées des banquiers de la Commission européenne.

Pour les intellectuels d'ATTAC, les propositions, les plus ambitieuses sont à l'ordre de la discussion :

Frédéric Lordon économiste français, directeur de recherches au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE) et qui écrit souvent dans le Monde Diplomatique préconise « d'encadrer la finance ». En bon économiste keynésien, il préconise de taxer les profits au-delà d'un certain seuil de rentabilité pour aider à financer l'investissement productif. Ce que ATTAC et les réformistes radicaux préconisent c'est « Une mesure contre la démesure de la finance ».

Le plus réaliste : Lucien Degoy, Professeur d’économie financière à l’université Paris Nord, président du conseil scientifique d’ATTAC répondant à interview de Lucien Degoy pour le journal l'Humanité, du 16 juillet 2008 déclarait : « On peut envisager plusieurs pistes qui toutes devraient se donner pour objectif de contrecarrer la logique financière dominante. Par exemple en matière de refinancement, faire en sorte que les banques centrales ne reprennent pas toutes les créances indistinctement, ce qui revient à encourager la spéculation, mais s’y prennent sélectivement en favorisant les crédits au système productif et en infligeant de lourdes pénalités à tout ce qui relève du champ spéculatif. De même, en matière de réglementation des contrôles bancaires, de normes comptables internationales, il serait nécessaire d’engager un véritable aggiornamento des politiques en place en vue de maîtriser cette spéculation. Mais bien entendu, le fond du problème reste le partage des richesses qui s’est déformé au fil des ans en faveur des profits et au détriment des revenus du travail. Pour assainir l’économie, enrayer la logique spéculative, il n’y a pas d’autre solution que de redonner du pouvoir d’achat aux salaires et de réduire la masse des profits. »17

A gauche du PS, le mot d'ordre est le retour du contrôle de l'État-nation sur la finance. Les idées de régulation de l'économie reprennent du poil de la bête, mais préconisent les même recettes que dans les années 30 et par la même le contrôle du commerce et donc le protectionnisme. Pourtant « la nature internationale du capitalisme empêchera toujours un gouvernement national, quelque soit son radicalisme de ses dirigeants, quel que soit le soutien que lui apporte la grande masse des gens, de briser complètement la pression qu'exerce le système. [...] Il y a 70 ans, Trotsky répéta cet argument contre Staline, insistant sur le fait que « le socialisme dans un seul pays » était une « utopie réactionnaire » puisque toute tentative de reconstruire une société dans son intégralité sans accès aux richesses existant dans le système mondial était vouée à l'échec. »18



 

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