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| Le 17 octobre 1961 |
| L’État français en Algérie et ailleurs : Coloniser, exterminer… |
| La Françalgérie |
| Discrimination et racisme en France (9) |
| Note - A lire |
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Le 17 octobre 1961, alors qu'ils manifestent pacifiquement contre le couvre-feu imposé depuis une dizaine de jours aux «Français musulmans d'Algérie», des centaines d’Algériens sont massacrés en plein Paris par les forces de police sur ordre du Préfet de police de l'époque, Maurice Papon.
Alors que le bilan officiel fait état de deux morts, de nombreux témoins (dont des policiers en repentance), intellectuels, cinéastes ou historiens, après analyse des faits et recueils de témoignages, contredisent de façon cinglante le discours officiel : les décès et disparitions se comptent en centaines, les arrestations en milliers. C'est la plus grande rafle depuis celle du Vel d'hiv, et, comme pour celle-ci, les bus de la RATP ont été réquisitionnés pour transporter les victimes vers les centres de rétention où ils furent torturés(1) (2).
Après des décennies de censure étatique, il a fallu l’acharnement de quelques citoyens et le courage de deux archivistes (Brigitte Lainé et Philippe Grand), qui ont bravé tous les risques pour mettre au jour des documents accablants, pour obtenir une ébauche de reconnaissance officielle de ce crime d'Etat.![]()
La non reconnaissance par l'Etat français du massacre du 17 octobre 1961 relève du même cynisme que celui opérant sans rupture depuis la pseudo-décolonisation en Afrique : soutien en sous-main de la sécession biafraise au Nigeria (1 million de morts) et massacres à grande échelle en pays bamiléké au Cameroun dans les années 60, complicité dans le génocide des Tutsi rwandais en 1994(3), soutien actif à la dictature algérienne... Les exemples où la France s’est déshonorée sont légion, à cette différence près que le théâtre des "opérations" était ce jour-là notre propre capitale.






