Le 17 octobre 1961 - La Françalgérie

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Le 17 octobre 1961
L’État français en Algérie et ailleurs : Coloniser, exterminer…
La Françalgérie
Discrimination et racisme en France (9)
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La Françalgérie

Au lendemain de la guerre d'indépendance, le pouvoir en Algérie se trouve rapidement confisqué par deux entités complémentaires : la Sécurité Militaire (SM, devenue DRS) et une junte d'officiers (nombre d’entre eux sont issus de l’armée française et n’ont que très tardivement rejoint le camp des indépendantistes – certains en 1962 même –, à temps pour pénétrer en Algérie telle une armée de colonisation pour fonder la dictature qui sévit encore aujourd’hui). Ce binôme contrôle le pays en sous-main pendant trois décennies avant de prendre le pouvoir ouvertement et par la force en 1992, prétextant empêcher le basculement du pays dans la barbarie suite au succès électoral des islamistes. Ce sont alors les mêmes méthodes héritées du système colonial qui servirent pour plonger le pays dans une violence inouïe, durant près d’une décennie : escadrons de la mort, faux maquis, faux barrages, commandos d’égorgeurs encadrés par des militaires, liquidations ciblées d’intellectuels, de journalistes et d’opposants politiques – dont le président Mohamed Boudiaf en juin 1992, lorsqu’il entreprit d’échapper à la tutelle des généraux pour fonder une démocratie –, attentats contre les civils, éliminations d’étrangers, massacres collectifs (plus de 400 en une nuit à Raïs, plus de 800 à Relizane), le tout sur fond d’intoxication médiatique incriminant quasi exclusivement le « terrorisme islamiste ». Sous couvert de guerre civile, c’est une guerre contre les civils qui a été menée, d’« éradication », qui fit quelque 200 000 morts, près de 20 000 disparus, le déplacement interne d’un million et demi d’individus, l’exode vers l’étranger des forces vives du pays et le démantèlement méthodique de la société civile et du tissu conomique(6) (7) (8) .

Pour conserver les milliards de dollars du pillage du pétrole et préserver un système de corruption organisé autour de commissions et rétrocommissions prélevées sur les contrats commerciaux du pays (avec notamment la France, premier partenaire extérieur), la junte mafieuse ne recule devant rien. Pour faire régner la terreur et faire taire les revendications, elle instrumentalise des Groupes islamiques armés et crée même de vrai-faux GIA pour continuer à bénéficier de l'aide française et américaine contre le "terrorisme". Il est avéré que cette manipulation de la violence islamique était connue de la France – et notamment à la DST liée depuis toujours à la SM –, y compris lorsque le GIA a frappé Paris en 1995.

C'est aussi en France que sont liquidés les minces espoirs de constitution d'une commission d'enquête internationale sur les manipulations de la violence par le pouvoir, après infiltration et détournements des comités de soutien à l'Algérie. Le gouvernement français a finalement conclu, après un voyage de Jack Lang sur place, à l'inutilité d'une telle commission.

L’Etat français continue de soutenir le régime des généraux, sans jamais mettre en doute sa façade "démocratique" et encore moins s'attaquer à ses dérives mafieuses (aux multiples bénéficiaires "souterrains" de part et d'autre de la Méditerranée).



 

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